Ce projet fou d’une vallée agricole le long de l’autoroute A1 entre Paris et Roissy

Ce projet fou d’une vallée agricole le long de l’autoroute A1 entre Paris et Roissy

06 février 2017

Le long des 20 km entre Roissy et Paris, le géant agricole InVivo a pour ambition de planter des champs de grandes cultures mais aussi d’installer du maraîchage, des serres, des plantes dépolluantes ou encore des murs végétaux.

C’est la principale porte d’entrée de Paris et la première vision du pays pour des dizaines de millions d’étrangers chaque année. Las, les 20 km de l’autoroute A1 entre l’aéroport de Roissy et la porte de la Chapelle (XVIIIe) offrent depuis longtemps un triste spectacle : talus mal entretenus, murs tagués, détritus en pagaille et record francilien de pollution…

 

C’est pourtant là, le long de cet axe qui voit défiler jusqu’à 200 000 véhicules par jour à Saint-Denis (pour 120 millions par an sur tout le tracé), que le géant français de l’agriculture InVivo (230 coopératives réunissant 300 000 agriculteurs, 9 200 salariés) veut créer une « vallée » agricole. Un projet que son DG Thierry Blandinières présentera ce mercredi matin lors d’un forum de l’association patronale Paris Ile-de-France Capitale économique et dont nous dévoilons les premiers détails.

 

autoroutea1.jpg

« On veut faire de l’A1 une vitrine mondiale de notre savoir-faire en matière d’agriculture urbaine et écologique avec pour objectif de nourrir la population localement » annonce le patron d’InVivo. Autour de la plate-forme aéroportuaire, le groupe veut d’abord planter de grandes cultures de blé, de colza ou d’orge mais aussi développer le maraîchage, des vergers voire… de la vigne. A la clé : des produits qui seront distribués à des particuliers ou aux restaurants de l’aéroport. « Un recensement foncier est en cours mais il existe pas mal de terrains à reconquérir, qu’ils soient publics ou propriété d’entreprises » souligne Antoine Poupart, en charge du projet chez InVivo.

 

A mesure de la progression vers Paris, la « Happy Vallée » sera bordée des serres productives mais aussi de l’agriculture sur les toits d’immeuble, de plantes « épuratrices d’air » sur les bords de l’autoroute ou encore de murs végétalisés. A terme, In Vivo table sur un potentiel de 5 000 ha à transformer. Une opération qui se veut écologiquement exemplaire avec la création de haies, de mares ou de corridors verts pour le développement de la faune.

In Vivo rendra en mai les conclusions d’une étude approfondie commanditée par Paris Ile-de-France capitale économique. Une association qui travaille déjà depuis plusieurs mois à la « reconquête de l’A1 » avec notamment le concours de l’architecte star Jean-Michel Wilmotte. Ce dernier a déjà collaboré avec l’ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres sur la projection d’œuvres d’art sur le tunnel du Landy. Un projet aujourd’hui en stand-by selon la préfecture d’Ile-de-France, concessionnaire de l’A1 entre Roissy et Paris, qui dit n’avoir pas encore été saisi du projet de vallée agricole. Chez InVivo, le DG affiche son optimisme : « on est au début de l’histoire mais on a plein d’idées ».